Mon parcours professionnel chez Prona AG a débuté en septembre 1991. Jeune ingénieur civil passionné par la protection de l’environnement, j’ai été le premier employé de la société Prona AG, alors nouvellement créée. Ma mission consistait à créer et à développer l’entreprise. Près de 35 ans plus tard, il est temps pour moi de prendre un nouveau chemin. Je vous propose ici une petite rétrospective de mon parcours professionnel.

À l’époque, de nombreuses conditions-cadres, lois et ordonnances dans le domaine de la protection de l’environnement étaient encore nouvelles, comme par exemple l’ordonnance relative à l’étude de l’impact sur l’environnement. En tant qu’ingénieurs civils, nous avions la responsabilité de réaliser des projets de construction dans le respect de l’environnement et de minimiser l’impact de toutes les phases de construction et d’exploitation. Des mesures de protection de l’environnement, de substitution ou compensatoires devaient être définies. C’est un travail qui me semblait très gratifiant, même si les négociations avec les entreprises et les MO concernés étaient parfois coriaces. Il n’existait pratiquement aucun point de repère ni aucune valeur comparative pour évaluer les impacts environnementaux. J’ai donc développé mon travail selon la devise : « Qui ne se jette pas à l’eau ne peut pas apprendre à nager. » Au cours des années suivantes, plusieurs aides à l’exécution ont été publiées, permettant une application plus uniforme des critères lors de la définition des mesures de protection de l’environnement.
Avec le recul, je considère la réalisation d’un projet partiel de la Ligne de base du Lötschberg comme ayant été particulièrement riche en enseignements. Lors de la conceptualisation du projet de transport de voitures par rail à Heustrich (1991-1994), qui n’a finalement pas été réalisé, j’ai acquis de nombreuses connaissances dans différents domaines liés à la protection environnementale. Travailler sur un projet intercantonal de très grande envergure et à la structure complexe était aussi une nouveauté pour moi. J’ai alors agi selon le proverbe : « Une personne qui n’a jamais commis d’erreur n’a jamais essayé de nouvelles choses. » J’ai pu tirer des leçons de mes erreurs tout en remportant des succès qui m’ont motivé. Je me souviens en particulier d’une présentation de projet dans le Valais, où, en tant que chef de projet âgé de 28 ans, j’ai eu l’occasion de présenter les conclusions du rapport environnemental devant un large public composé de représentants des administrations cantonales et des autorités fédérales.

Un projet phare, à mes yeux, est celui de la centrale hydroélectrique de Hagneck. Les premières études ont été réalisées en 1996. Sur le plan environnemental, le projet n’a été achevé qu’après la mise en service de la centrale, avec le contrôle des résultats des mesures de protection de l’environnement en 2018.


L’Expo.02 a été un autre projet marquant pour Prona. Les travaux liés aux arteplages, en particulier avec ce qui était alors l’entreprise générale Batigroup, ont marqué le début d’une forte croissance. Les années suivantes ont vu l’apparition de nouveaux domaines de compétences. Ainsi, l’entrée en vigueur de l’ordonnance sur les travaux de construction en 2000 a conduit à la création du domaine sécurité au travail, qui a traité ses premiers mandats dans le cadre du projet Expo.02. Puis s’en sont suivi, les domaines de la physique du bâtiment et de la protection contre les incendies ont suivi. Une équipe interdisciplinaire travaille désormais dans douze domaines de compétences différents.

Les chemins se sont diversifiés, tout comme le nombre de collaborateurs/trices que j’ai eu le plaisir d’accompagner, d’encourager et de connaître. J’ai toujours eu à cœur d’agir selon le principe suivant : « Traite les gens comme s’ils étaient ce qu’ils devraient être, et tu les aideras à devenir ce qu’ils peuvent être. » Je garde encore aujourd’hui un excellent souvenir de beaucoup d’entre eux.
Aujourd’hui, le moment est venu pour moi de quitter le chemin parcouru chez Prona. Après 35 ans, je prends ma retraite anticipée à la fin du mois de janvier 2026. Une étape importante de ma vie touche à sa fin et je repense à toutes ces expériences et rencontres, avec des personnes aux rôles très différents, avec lesquelles j’ai eu la chance de partager un bout de chemin. Ce chemin a parfois été escarpé, parfois cahoteux, parfois long et semé de détours. Mais il a toujours été très enrichissant et surtout marqué par un esprit de collégialité positif.

Non seulement les souvenirs des rencontres humaines restent gravés dans ma mémoire, mais aussi ceux des réalisations auxquelles j’ai pu participer. Aujourd’hui encore, je suis ému lorsque je traverse le barrage de Hagneck à vélo, que j’emprunte la branche Est de l’autoroute N5 contournant Bienne en voiture ou que je traverse le tunnel de Buechiwald en train pour me rendre à Grindelwald. Souvent, les personnes et les histoires de cette époque me reviennent alors à l’esprit.
On n’atteint pas ses objectifs en planifiant tout dans les moindres détails, mais en ayant le courage de se lancer
La société Prona SA a été reprise il y a deux ans par un groupe de collaborateurs de longue date. Je suis très heureux de pouvoir transmettre l’œuvre de ma vie à une équipe compétente, motivée et ouverte d’esprit, qui est sur la bonne voie. Je suis certain que nos chemins se croiseront encore à l’avenir.

Je souhaite à toutes et à tous bonne chance et beaucoup de joie dans leurs projets, qu’ils soient faciles ou semés d’embûches. Comme le dit le proverbe de Lao Tseu : « Le plus long voyage commence par un premier pas. » Ou, comme je l’ai appris : « On n’atteint pas ses objectifs en planifiant tout dans les moindres détails, mais en ayant le courage de se lancer. »
Christian Stampfli